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ZIV : Zone d'Influence Visuelle

Principe d'une modélisation de zone d'influence visuelle (ZIV)

Qu'est-ce qu'une Zone d'influence visuelle (ZIV) ?

Une modélisation de ZIV est une analyse qui détermine depuis quels points d’un territoire un site ou un aménagement est visible. Elle sert à objectiver l’impact paysager d’un projet et à argumenter les choix d’implantation dans une étude d’impact ; elle vient nourrir l’analyse du paysagiste-concepteur, mais ne s’y substitue pas. Elles permettent notamment d'identifier des sites à forts enjeux en amont de vos déplacements.

À quoi servent les ZIV ?

Sont-elles obligatoires ?

Elles sont obligatoires dans le cas de projets éoliens terrestres, et recommandées, voire exigées dans tous les projets soumis à des études d'impact paysager (ICPE, infrastructures linéaires, grands équipements, agrivoltaïsmes, etc.) ou à proximité de sites patrimoniaux, afin de définir les zones d'exclusion ou de vigilance aux alentours.

Comment modélise-t-on une ZIV ?

Pour modéliser une ZIV, nous commençons par fabriquer le modèle numérique d'élévation correspondant au terrain. Pour ce faire nous associons plusieurs sources de données pour produire une image de l'altitude du sol et de certains éléments du sur-sol (bâtiments et boisements principaux). Un modèle numérique d'élévation est une image géoréférencée dans laquelle chaque pixel contient une donnée : l'altitude.

Nous excluons de ce modèle tous les éléments du sur-sol qui ne forment pas un écran permanent à la vue ou qui sont trop peu denses ou trop peu profonds pour assurer un masquage visuel suffisant comme les haies, les vergers ou les peupleraies. Nous ne gardons que les boisements principaux.

Cette sélection garantit une représentation plus fiable de la visibilité réelle dans le paysage sur le moyen terme.

Une fois que nous avons produit ce modèle du terrain, nous utilisons un algorithme qui calcule pour chaque pixel du périmètre de l'étude, la portion du projet qui est visible. Nous paramétrons cet algorithme en y intégrant la taille moyenne d'un observateur humain (1,70 mètre) et la taille maximum des éléments qui seront construits sur la parcelle (des panneaux solaires de 6 mètres, une éolienne de 150 mètres).

Dernière étape, il faut retrancher de la modélisation la zone du projet et les éléments du sur-sol qui forment des masques. En effet, savoir que 60% du projet est visible quand on se situe au centre de la parcelle de projet n'a pas grand intérêt, ainsi que de savoir que lorsqu'on est perché au sommet d'un pin parasol dans un des bois qui entourent le projet, on peut contempler plus de 40% du projet.

Une fois le travail de modélisation terminé, nous obtenons une carte indiquant les surfaces où le projet est potentiellement visible par tranche de 10% de la surface de la parcelle du projet. Nous calculons les surfaces du territoire d'où le projet est potentiellement visible.

Nous mettons ensuite en page la modélisation ainsi produite pour qu'elle soit exploitable sur le terrain et dans un livrable.

Comment livrons-nous les ZIV ?

Chaque étude donne lieu à une série de livrables adaptés aux besoins des développeurs, bureaux d’études et collectivités :

Cela permet-il d'identifier des risques de covisibilité ou d'intervisibilité avec des sites patrimoniaux (MH, SPR, site classé ou inscrit, grand site) ?

Oui, pour identifier ces risques, nous modélisons la zone d’influence visuelle d’un monument historique, puis nous superposons cette carte avec la zone d’influence visuelle d’un projet. Cela permet d’identifier les secteurs où les deux se chevauchent. Ce sont des secteurs de potentielle covisibilité.

Par ailleurs, la cartographie des monuments historiques permet d’identifier les potentielles intervisibilités lorsqu’un MH se trouve sur une ZIV du projet.

Quelles sont les mises en garde dans l'usage de ces modélisations ?

Il faut se méfier de l'illusion de véracité que ce type de modélisation véhicule.

Les zones d’influence visuelle sont un outil de modélisation, et non une reproduction fidèle du réel. Elles permettent d’anticiper et de quantifier la visibilité d’un projet, mais elles ne constituent jamais une photographie exacte du terrain.

Un biais cognitif bien connu, appelé illusion de véracité, peut amener à surestimer la fiabilité d’un modèle lorsque celui-ci paraît très détaillé ou réaliste. Plus un rendu est précis graphiquement, plus il tend à donner l’illusion d’être “vrai”, et donc à inspirer une confiance excessive. Or, même les modélisations les plus fines restent des approximations.

Il est essentiel que l’utilisateur garde toujours à l’esprit cette limite. Plusieurs éléments peuvent en effet déjouer les prédictions d’une ZIV, car ils échappent à toute modélisation stable :

Ces situations rappellent que la ZIV n’est pas un reflet immuable de la réalité, mais une projection simplifiée et hypothétique, utile pour guider l’analyse et la décision. Elle doit donc toujours être interprétée avec recul, et complétée par l’observation directe du terrain.

La qualité de la modélisation d'une ZIV est également étroitement liée à la qualité des données dont nous disposons pour la réaliser : actualité des données du sur-sol (bâtiment et strate arborée), précision et résolution.

Gardez toujours à l’esprit qu’une ZIV est une approximation : elle éclaire l’analyse, mais ne remplace jamais l’observation du terrain.

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